Une étude publiée le 25 septembre 2026 par le service des données et études statistiques (SDES), le service statistique du ministère chargé du logement, mesure à quel point ce chemin s’est rétréci. Parmi les ménages les plus modestes nés dans les années 1940, 43 % étaient propriétaires de leur logement entre 40 et 50 ans. Ils ne sont plus que 24 % dans la génération née dans les années 1960, et 16 % dans celle des années 1970.
Les ménages les plus aisés, eux, n’ont presque rien perdu : au même âge, 69 % à 75 % d’entre eux sont propriétaires, quelle que soit leur décennie de naissance. Acheter son logement reste possible, mais cela dépend bien plus qu’autrefois de ce dont on dispose au départ. C’est précisément le terrain de l’accession sociale à la propriété, que les coopératives de notre réseau pratiquent depuis 1908.
L’étude en trois chiffres
Générations désignées par leur décennie de naissance.
Source : SDES, « Au fil des générations, les ménages plus modestes sont de moins en moins propriétaires », 25 septembre 2026.
Un fossé qui se creuse à l’intérieur de chaque génération
À première vue, la France reste un pays de propriétaires : en 2026, 57 % des ménages possèdent le logement qu’ils occupent. L’âge pèse d’ailleurs davantage que la génération, car on devient propriétaire au fil de la vie : la proportion passe de 54 % entre 35 et 44 ans à 73 % entre 65 et 74 ans. Cette moyenne rassurante cache pourtant un écart qui s’élargit, d’une génération à l’autre, selon le niveau de vie.
Pour les personnes nées dans les années 1940, la différence entre les plus modestes et les plus aisés restait relativement faible. Elle s’est creusée ensuite, décennie après décennie. Entre 30 et 40 ans, parmi les ménages nés dans les années 1980, 64 % des plus aisés sont propriétaires, contre 12 % des plus modestes, soit 52 points d’écart. Le SDES en tire une conclusion sans ambiguïté : la propriété, longtemps accessible à une large part de la population, reste ouverte aux catégories favorisées mais devient bien plus difficile pour les ménages modestes.
La composition du foyer joue aussi. À âge égal, les couples sont beaucoup plus souvent propriétaires que les familles monoparentales : dans la génération née dans les années 1960, entre 45 et 54 ans, 72 % des couples possèdent leur logement, contre 41 % des parents seuls. Un seul revenu et des charges familiales plus lourdes laissent peu de place à l’épargne.
Des prix qui ont couru beaucoup plus vite que les loyers
Pour comprendre ce décrochage, l’étude remonte jusqu’en 1960. Entre cette date et 2020, les prix des logements anciens ont été multipliés par 67, quand les loyers l’étaient par 19. Les deux courbes ont progressé à peu près au même rythme jusqu’au milieu des années 1970, puis les prix ont pris le large, avec une accélération très nette depuis le début des années 2000. Selon le SDES, c’est ce rapport entre le prix d’achat et le loyer qui explique le mieux pourquoi les générations récentes accèdent moins souvent à la propriété que leurs aînées.
Concrètement, plus un logement coûte cher au regard de ce qu’il rapporterait en location, plus il faut d’apport personnel pour obtenir un crédit. Et un apport ne s’improvise pas : il vient de l’épargne, parfois d’un coup de main de la famille ou d’un héritage. L’étude observe que les ménages aidés par leurs proches deviennent plus souvent propriétaires, et que ces transferts contribuent à maintenir le taux de propriété des plus aisés. La génération née dans les années 1980 a bien profité des taux d’intérêt très bas des années 2010, mais ce coup de pouce a surtout servi les ménages qui avaient déjà de quoi acheter.
Moins de logements sociaux au départ, moins d’épargne à l’arrivée
Un second phénomène, plus discret, a pesé sur les jeunes ménages modestes. Avant 25 ans, 27 % des personnes nées dans les années 1960 étaient locataires d’un logement social. Cette part tombe à 15 % pour celles nées dans les années 1980, et à 11 % pour celles nées dans les années 1990. Le parc social a moins progressé à partir des années 1980 qu’entre 1965 et 1980, alors que la demande restait forte, en particulier dans les grandes villes.
Ceux qui n’ont pas trouvé de place dans le logement social se sont tournés vers la location privée : entre 25 et 34 ans, 46 % des ménages nés dans les années 1970 y vivaient, contre 39 % de ceux nés dans les années 1950. Or un loyer plus élevé en début de vie active, c’est autant d’argent qui ne va pas sur un compte d’épargne, et un apport plus long à réunir le jour où l’on veut acheter. Les deux mécanismes se renforcent l’un l’autre.
Les dispositifs qui permettent encore de franchir le pas
Ce constat a une conséquence très pratique : pour un ménage aux revenus modestes, le prix affiché n’est plus le seul chiffre à regarder. Plusieurs dispositifs publics existent justement pour réduire la somme à emprunter ou l’apport à réunir, et ils se combinent souvent entre eux.
Faire le point sur votre projet
Les chiffres du SDES décrivent une tendance de fond, mesurée sur plusieurs décennies. Ce qui est possible pour votre foyer, aujourd’hui et dans votre commune, se regarde au cas par cas. Selon vos revenus, la composition de votre famille et l’endroit où vous souhaitez vivre, la bonne formule change : un PTZ associé à un prêt classique, un logement en bail réel solidaire, ou une location-accession pour constituer votre apport en douceur.
Nos conseillers connaissent ces dispositifs et les programmes en cours dans votre secteur. N’hésitez pas à prendre contact avec l’agence la plus proche de chez vous pour en parler.